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[Crise ivoirienne] Des négociations de Lomé à l’échec de Marcoussis
Dans sa chronique du jour, Fernand Dédeh vous fait revivre les négociations de Lomé de 2002 lors de la crise armée ivoirienne, un moment clé dans l'histoire de la Côte d’Ivoire qui a conduit à l'échec des pourparlers et aux accords de Marcoussis.
Abidjan, le 20 septembre 2024 (crocinfos.net) – En novembre 2002, un mois après le début de la crise armée en Côte d’Ivoire, la CEDEAO initie les premières négociations inter-ivoiriennes à Lomé, au Togo. Sous la médiation du président togolais Gnassingbé Eyadema, la délégation gouvernementale, conduite par Laurent Dona-Fologo, et celle des rebelles, dirigée par Guillaume Soro, se retrouvent à l’hôtel du 2 février pour tenter de trouver un terrain d’entente. Les tensions sont palpables, l’ambiance dans l’hôtel électrique. Le président Eyadema prévient dès le début : « Quand la case de ton voisin brûle, il faut l’aider à éteindre le feu. »

Les pourparlers, initialement prévus pour trois jours, se prolongent finalement sur 54 jours, sans véritable avancée. Le 3ᵉ jour des négociations laisse espérer un accord, mais ces espoirs s’évanouissent rapidement. La nuit, l’hôtel résonne des musiques ivoiriennes populaires. Rebelles et gouvernementaux se retrouvent ensemble, oubliant un moment les tensions politiques, pour danser au son du Zoblazo de Meway.
‘’Les négociations de Lomé échouent officiellement ce jour-là, scellant la fin d’une tentative de paix.’’
Le 4 novembre 2002, un appel venu du 27ᵉ étage de l’hôtel annonce une nouvelle tragique : le Dr Dacoury, frère de Louis-Dakoury Tabley, chef rebelle, a été assassiné à Abidjan. La délégation de Bouaké est en deuil et refuse de signer un quelconque accord. Les négociations de Lomé échouent officiellement ce jour-là, scellant la fin d’une tentative de paix.
Alors que les diplomates affluent à l’hôtel, les négociations sont suspendues, et la France, représentée par son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, prend les devants. Le 23 décembre 2002, la France convoque les protagonistes à Marcoussis, en banlieue parisienne. Ce sommet sera plus tard qualifié par Laurent Gbagbo de « médicament amer », mais c’est à partir de là que l’influence française sur la résolution du conflit s’affirme pleinement. En janvier 2003, les négociations reprennent à Marcoussis, marquant une nouvelle étape cruciale dans la quête de paix en Côte d’Ivoire.
Tiré de la chronique de Fernand Dédeh
